age d’innocence

le soleil verse un amour brûlant a la terre ravie. et, quand on est couché sur la vallée on sent que la terre est nubile et deborde de sang. son immense sein, soulevé par une âme, est d’amour comme dieu, de chair comme une femme, et qu’il renferme, gros de sève et de rayons, le grand fourmillement de tous les embryons. je regrette les temps où la sève du monde, l’eau du fleuve, le sang rose des arbres verts, dans les veines de pan mettaient un univers ou le sol palpitait, vert, sous ses pieds de chevre ou, baisant le clair syrinx, sa levre modulait sous le ciel le grand hymne d’amour ou il entendait autour repondre a son appel la nature vivante ou les arbres muets, berçant l’oiseau qui chante, la terre berçant l’homme, et tout l’ocean bleu et tous les animaux aimaient, aimaient en dieu. je regrette les temps de la grande cybele qu’on disait parcourir, gigantesquement belle sur un grand char d’airain, les splendides cités. son double sein versait dans les immensités, le pur ruissellement de la vie infinie

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This entry was posted by Tournapin.

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