s’en tirer de la societe comme ca

ils ne me sont même indifférents qu’en ce qui se rapporte à moi; car dans leurs rapports entre eux ils peuvent encore m’émouvoir comme les personnages d’un drame que je verrais représenter. Il faudrait que mon être moral fût anéanti pour que la justice me devînt indifférente. Le spectacle de l’injustice et de la méchanceté me fait encore bouillir le sang de colère; les actes de vertu où je ne vois ni forfanterie ni ostentation me font toujours tressaillir de joie et m’arrachent encore de douces larmes. Mais il faut que je les voie et les apprécie moi-même; car après ma propre histoire il faudrait que je fusse insensé pour adopter sur quoi que ce fut le jugement des hommes, et pour croire quelque chose sur la foi d’autrui. Si mes traits etaient aussi parfaitement inconnus aux hommes que le sont mon caractere et mon naturel, je vivrais encore sans peine au milieu d’eux; leur societe meme pourrait me plaire tant que je leur serais parfaitement etranger. Je les aimerais encore s’ils ne s’occupaient jamais de moi. J’exercerais sur eux une bienveillance universelle et parfaitement desinteressee: mais sans former jamais d’attachement particulier, et sans porter le joug d’aucun devoir, je ferais envers eux librement et de moi meme, tout ce qu’ils ont tant de peine a faire incites par leur amour-propre et contraints par leur conditions

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