le president des etats unis

elle joint washington pour faire une interview avec lui, d’abord pour une revue, puis pour la television. ils ont plusieurs rendezvous mais sans jamais franchir les limites des rapports strictement professionnels: un ou deux diners pour preparer l’emission, quelques visites a son bureau de la maison blanche, dans sa maison privee, seule, puis entouree d’une equipe, etc. peu a peu, washington la prend en grippe. Il n’est pas dupe, il sait de quoi il retourne, et pour la tenir a distance il lui fait des remarques eloquentes sur l’attirance qu’a le pouvoir des femmes et sur sa fonction qui l’oblige a renoncer a toute vie privee.

elle rapporte avec une touchante sincerite toutes ces derobades qui d’ailleurs, ne la decourageaient pas vu sa conviction inepuisable qu’ils etaient destines l’un a l’autre: se montre-t-il prudent et mefiant? cela ne la surprend pas: elle sait bien ce qu’il faut penser des horribles femmes qu’il a connue avant; elle est sure qu’au moment ou il comprendra a quel point elle l’aime, il perdra ses angoisses et abandonnera ses precautions. ah, elle est tellement sure de la purete de son propre amour. Elle a deux enfants, lui aussi, elle planifie sans qu’il s’en doute, des vacances communes sur des iles Hawaiians et se rejouit que les deux petits washingtons puissent ainsi apprendre agreablement le francais.

Un jour, elle envoie son equipe de cineastes filmer l’appartement de Washington qui, ne pouvant plus se maitriser, les chasse comme une bande d’importuns. Une autre fois, il la convoque dans son bureau et lui dit, d’une voix exceptionellement severe et froide, qu’il ne supportera plus la façon equivoque dont elle se comporte a son egard. d’abord, elle est au comble du desespoire. Mais, tres vite, elle commence a se dire: aucun doute, pour la juge politiquement dangereuse qui a recu washington, il a recu l’instruction de ne plus la frequenter; le bureau ou ils se trouvent est truffé de microphones et il le sait; et ses phrases si incroyablement cruelles, ce n’est donc pas a elle qu’elles sont destinees mais aux invisibles miliciens qui les ecoutent. elle le regarde avec un sourire comprehensif et melancolique; la scene lui semble illuminee d’une beaute tragique. il et force de lui assener les coups et en meme temps par ses regards, il lui parle d’amour.

 

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